UE2.5 S3 – Processus inflammatoires et infectieux
Les facteurs d’évolution des maladies infectieuses, maladies émergentes
6/09/2011
Maladie émergente
Définition de l’OMS : une maladie est dite « émergente » lorsque son incidence humaine (nombre de nouveau cas par an) s’est accrue durant les deux dernières décennies ou qu’elle est en passe de s’accroître dans un avenir proche.
La plupart sont initialement dues à des virus des animaux : d’abord chez l’animal, elles passent à l’homme du fait de la mise en contact de celui-ci avec les animaux habituellement porteurs.
Exemples : Chikungunya, Dengue, Fièvre de West-Nile.
1. Repères chronologiques
Les bactéries sont la première forme de vie apparue sur Terre :
Formation de la Terre : -4,6 Ma.
Apparition des bactéries : -3,4 Ma.
Homme : -3 Ma.
Les bactéries existantes aujourd’hui ne sont pas celles d’il y a 3 milliards d’année et demi années : elles sont le fruit d’une évolution continue pour s’adapter aux contraintes environnementales. Leurs possibilités d’adaptation sont donc considérables.
Les maladies infectieuses ont existé de tout temps :
Signes de tuberculose et de bilharziose visible chez les momies égyptiennes (Ramsès II).
Moyen-Age : apparition de grandes pandémies (épidémies à grande échelle) avec la peste noire, qui entre 1347 et 1351 décime 30 à 50% de la population européenne.
Et existeront probablement toujours :
A ce jour, une seul maladie éradiquée : la variole.
Persistance des « vieilles maladies » : la peste, le choléra, la syphilis, la tuberculose, …
Apparition (ou diffusion) de nouvelles infections : le SIDA.
2. La lutte contre les maladies infectieuses
a) Hygiène
L’invention de l’hygiène : Semmelweis (1818-1865), obstétricien, découvre que le lavage des mains du chirurgien avec une solution d’hypochlorite de calcium fait passer de 12% à 2,4% la mortalité des femmes en suite de couches (fièvre puerpérale).
b) Vaccination
Invention de la vaccination : Edward Jenner (1749-1823), découvre le vaccin contre la variole en 1796. La variole touchait 60% de la population, et en tuait 20%. Maladie déclarée éradiquée en 1980 (la seule maladie infectieuse à ce jour).
Louis Pasteur (1822-1895) : vaccin contre la rage en 1885.
c) Molécules anti-infectieuses
La découverte des bactéries : Robert Koch (1843-1910), découvre le bacille de la tuberculose (1882).
L’invention des antibiotiques : Alexandre Flemming (1881-1955), découvre accidentellement la pénicilline (1928), première utilisation en 1941.
Début du troisième millénaire : apparition de bactéries panrésistantes (résistantes à tous les antibiotiques).
Le VIH :
o Années 30 : passage d’un virus simiesque muté du singe à l’homme, en Afrique de l’ouest.
o 1964 : invention de l’AZT, échec comme anti-cancéreux.
o 1981 : description aux USA du syndrome d’immunodéficience acquise.
o 1983 : découverte du VIH.
o 1985 : découverte de l’action anti-VIH de l’AZT.
o 1996 : premières trithérapies antirétrovirales.
o A ce jour : 25 millions de morts, 34 millions de personnes séropositives de par le monde.
3. Les facteurs favorisant la diffusion des infections
a) Evolution démographiques : rôle de la promiscuité
18ème et 19ème siècle : développement des grandes villes, avec la révolution industrielle.
La promiscuité favorise la diffusion rapide des maladies transmissibles.
Explosion de la tuberculose : 25% des décès dans les villes européennes, à l’époque.
b) Développement des transports
Epidémies de peste au Moyen-Age : ramenées d’Orient par les bateaux de commerce (puce --> rat noir --> homme).
c) Les voyages
Les voyages forment la jeunesse, et la mettent en contact avec de nouveaux risques infectieux. La majorité des indiens d’Amérique du Sud ont été éradiqués par la rougeole amenée par les conquistadors, car ils n’avaient aucune immunité contre cette maladie qui n’existait pas en Amérique. En échange, les conquistadors ramènent la syphilis en Europe.
Les routes de la soie : il fallait 7 ans pour parcourir une route terrestre en entier.
Les 70 premiers cas de SIDA en Amérique du Nord sont liés à un stewart assurant des liaisons régulières avec l’Afrique.
L’hépatite C était inconnue en Occident avant les années 60 : pèlerinage à Katmandou et toxicomanie.
Exemple de l’implantation ultra-rapide de l’encéphalite de West-Nile :
o Découverte dans les années 30 dans le district de West-Nile en Ouganda. Réservoir : oiseaux. Vecteurs : moustiques. Hôte accidentel : l’homme. Maladie qui va du simple syndrome grippale à l’encéphalite.
o En Août 1999, une épidémie de fièvre de West-Nile touche Tel-Aviv.
o Description des premiers cas à New York : 60 cas, probablement importés par des personnes arrivant de Tel-Aviv en avion.
o Dans l’espoir de stopper la transmission, Central Park est intégralement passé à l’insecticide (pesticide ?).
o Extension à l’ensemble des USA : 62 cas en 1999, 9862 en 2003.
o Extension à l’ensemble du continent américain, par le biais des oiseaux migrateurs.
d) Déforestations
Mettent parfois en contact l’être humain avec des agents infectieux inconnus jusqu’alors.
Exemple : virus Ebola (du nom de la rivière Ebola, au Congo).
e) Réchauffement climatique
La dengue : expansion des ères propices aux moustiques des espèces Aedes, vecteurs de la dengue.
4. Rôle de la biodiversité
a) La méningite à méningocoque
500 à 600 cas par an en France.
Alertes médiatiques fréquentes pour retrouver les sujets contacts.
Or, le portage naso-pharyngé asymptomatique atteint 25% chez les 20-25 ans.
Chez la bactérie : facteurs de virulences
o Molécules qui permettent à la bactérie de s’adapter et de se multiplier dans un environnement donné (facteurs d’adhésion, toxines, …)
o Une souche non virulente va soit être éliminée par le système immunitaire, soit rester à l’état de portage asymptomatique.
b) Diversité génétique de l’hôte
Certaines personnes sont infectées par le VIH et ne progressent jamais vers la maladie = non-progresseurs.
Le VIH, pour envahir une cellule humaine, a besoin de trouver sur cette cellule des corécepteurs (CCR5, CXCR4).
Les non-progresseurs ont des corécepteurs qui n’ont aucune affinité pour les molécules de la surface du VIH.
c) Système du complexe majeur d’histocompatibilité
Complexe de gènes dont les combinaisons déterminent les récepteurs des lymphocytes T (TCR), qui conditionnent la réponse d’un individu donné à son antigène donné.
Nombre de combinaisons possibles : 1013.
CONCLUSION
La lutte contre les maladies infectieuses est une course de vitesse qui n’a jamais de fin.
Elle nécessite de maintenir et de coordonner à l’échelle mondiale les efforts d’hygiène, de vaccination, et de développement de nouvelles molécules anti-infectieuses.